« Oser le Jeu Vidéo », la conférence de l’ESSEC sur l’industrie du jeu vidéo en France

15 novembre 2016

Il y a un mois, le 13 octobre 2016, s’est tenue la conférence « Oser le Jeu Vidéo » à l’ESSEC Business School de Cergy-Pontoise. Organisée par l’association étudiante de l’école Le Bureau des Jeux ainsi que l’association Student Gaming Network, elle réunissait des professionnels de l’industrie du jeu vidéo pour informer les étudiants sur le marché du jeu vidéo en France. Voici notre résumé de la conférence.

Oser Le Jeu Vidéo

Le Jeu Vidéo en 2016

Il est loin le temps où le jeu vidéo était un loisir de niche, où seule une petite partie des français (essentiellement masculine et jeune) s’adonnait à ce nouveau loisir méconnu du grand public et souvent injustement critiqué. Aujourd’hui, environ 50% des français jouent régulièrement aux jeux vidéo, avec un public constitué autant de femmes que d’hommes, et où l’âge moyen du joueur est de 35 ans. L’industrie du jeu vidéo est devenue la deuxième industrie culturelle en France, avec 2.9 milliards d’euros de chiffre d’affaire annuel ! De nombreuses œuvres vidéoludiques ont à présent le droit à leur adaptation au cinéma. Films, séries, livres, bandes dessinées, goodies… Certaines licences sont déclinées à toutes les sauces, si bien que le marché du jeu vidéo d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celui d’il y a dix ans. « Oser le Jeu Vidéo » a développé une réflexion autour du marché du jeu vidéo en France avec quatre intervenants professionnels de l’industrie : Christelle Plissonneau, CEO de Early Birds Studio, Emmanuel Martin, délégué général du S.E.L.L, Cyril Chomette, CEO et fondateur de Glory4Gamers, et Jean-Baptiste Desmaizières, Marketing Manager chez Ubisoft.

Oser le Jeu Vidéo Intervenants

Un secteur d’évolution et d’innovation

Le secteur du jeu vidéo a toujours été en changement constant et en quête de nouveauté. Des bornes d’arcades, en passant par les consoles de salon, les consoles portables et même les mobiles, les façons de jouer aux jeux vidéo ont sans cesse évoluées. « Reconnaissance vocale, captation de mouvements, réalité virtuelle… le jeu vidéo est toujours le premier à accueillir les innovations technologiques. » affirme Emmanuel Martin. « Il permet de les rendre compréhensibles et plus accessibles par le public. C’est aussi un excellent moyen d’apprendre des choses tout en ayant du plaisir”. Proposer l’apprentissage d’une tâche de manière ludique est bien plus efficace que d’autres manières d’apprentissage qui pourraient paraître rébarbatives. C’est sur ce principe que se base le jeu « Code & Play » de Early Birds Studio. La start-up de Christelle Plissonneau développe un jeu pour apprendre le code aux enfants, de manière ludique.

Oser le Jeu Vidéo Conférence

Société, politique et jeu vidéo

Le jeu vidéo, c’est aussi une évolution des mentalités. Il se libère progressivement de tous ses préjugés. Même s’il est malheureusement encore considéré par certains comme une pratique qui incite à la violence, l’ampleur des accusations a bien diminué. De nos jours, il est impensable de l’associer au terrorisme, tandis qu’en 1999 on l’accusait d’être à l’origine de tueries dans des lycées aux États-Unis. Critiquer publiquement le jeu vidéo, c’est s’exposer à une énorme communauté habituée aux critiques, et qui sait répliquer ! En 2014, Antoine de Caunes a dû présenter des excuses publiques après avoir critiqué ouvertement Twitch et les gamers sur Canal+. C’est dire la puissance de la communauté des gamers sur le web ! En outre, le jeu vidéo est de mieux en mieux compris par les politiques. En avril 2016, Axelle Lemaire, secrétaire d’État au numérique, annonce la création de la fédération française de l’e-sport. Devenu une culture à part entière, le jeu vidéo a droit à ses propres événements et compétitions. De nouvelles start-up (comme Glory4Gamers de Cyril Chomette) se créent autour de cette nouvelle pratique de sport électronique.

Oser le Jeu Vidéo

Formation et emploi dans le jeu vidéo en France

Mais le cœur de cette conférence était autour de l’emploi dans le secteur des jeux vidéo. L’industrie du jeu vidéo s’étant considérablement développée, on assiste à l’émergence de nombreux métiers du marketing liés au secteur. Jean-Baptiste Desmaizières est lui-même passé par différents métiers liés au marketing dans l’industrie du jeu vidéo avant d’être Marketing Manager chez Ubisoft. Selon lui, le candidat idéal est un passionné. Mais la qualité essentielle pour travailler dans ce milieu en constante évolution, est bien sûr la curiosité. Il remarque qu’il y a un manque de formations spécialisées dans les industries créatives en comparaison avec la demande. C’est pourquoi de nouvelles formations et de nouvelles écoles sont amenées à voir le jour dans les prochaines années, comme l’EMIC en 2017 qui délivrera un MBA dans le management des industries du jeu vidéo. Les intervenants ont également débattu sur les différences et spécificités des métiers du jeu vidéo en comparaison avec d’autres industries. Les employés du secteur ont longtemps été considérés comme des passionnés prêts à faire de nombreuses concessions sur le salaire et les conditions de travail. C’est de moins en moins vrai aujourd’hui, l’industrie cherchant de plus en plus à attirer les talents en rendant leurs offres d’emploi plus attractives. Travailler dans le jeu vidéo reste néanmoins chronophage, de part la passion qui habite les travailleurs du secteur.

La question des différences de traitements entre les métiers du business et les métiers plus techniques a été abordée. Les métiers plus techniques paraissent moins fiables que ceux du business. Cela peut s’expliquer par le déroulement du développement d’un jeu vidéo, développé en équipe réduite au départ et qui vient grossir sous les deadlines, créant des statuts d’intermittents du jeu vidéo. Ces différences tendent à se réduire aujourd’hui, notamment avec les grandes entreprises comme Ubisoft qui concentrent tous ces métiers différents et qui aspirent à traiter chacun de manière équivalente. Autre point abordé : la part des femmes dans le secteur. Quand on voit que la part des femmes qui travaillent dans le numérique est de 30% et seulement 8% dans le développement, on se dit qu’il y a encore du travail à faire de ce côté là !

C’était une conférence très intéressante avec des acteurs très bien informés sur leur sujet. On espère assister à d’autres conférences de ce genre. Vous pouvez visionner la conférence complète sur la chaîne youtube du Bureau des Jeux !

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