Over Game l’Expo, regards sur le jeu vidéo indépendant

8 janvier 2017

Du 5 au 15 Janvier 2017, La Maison des Métallos (Paris) organise une exposition gratuite consacrée au jeu vidéo indépendant : Over Game : Jeux Vidéo, les scènes alternatives. En tant que fans de jeux indés et adeptes d’expositions culturelles, nous ne voulions pas manquer ce rendez-vous ! À l’heure où nous publions cet article, l’exposition est encore disponible quelques jours. Nous espérons vous donner envie d’y aller pour découvrir de nouvelles réflexions et de nouvelles formes de jeux vidéo.

Overgame

Le Jeu Vidéo, nouveau médium et scène d’expression artistique

Beaucoup pensent que créer un jeu vidéo est une tâche périlleuse, réservée uniquement aux grosses têtes en informatique qui maîtrisent la programmation. Pourtant, aujourd’hui, créer son propre jeu vidéo n’a jamais été aussi facile. De nombreux logiciels et outils sont disponibles pour aider à la création de son propre jeu vidéo, graphiquement et techniquement. Devenu accessible, il permet à des minorités de s’emparer du jeu pour faire passer des idées, un message, par le scénario mais aussi par le game design, les règles du jeu ou le support du jeu ! Il est aujourd’hui un nouveau médium, exploité par des artistes qui expérimentent de nouveaux concepts, de nouvelles façons de jouer. Over Game nous présente de nombreux jeux indépendants regroupés sous différentes thématiques : « Jeux Engagés », « Ancrés dans le réel », « Pion du système » et « Le système comme message », mais pas que ! On nous présente aussi deux jeux indépendants spéciaux, uniquement jouables dans quelques expositions et salons de jeux indépendants. Une exclusivité due à leurs supports et systèmes de jeu. Line Wobbler (Robin Baumgarten, 2015) est un jeu numérique rappelant les premiers jeux d’arcade, au support et contrôleur un peu particuliers, puisque l’écran est remplacé par un circuit de LED, et le joystick par un bloque-porte. Un jeu qui nous a particulièrement fasciné par son ingéniosité et sa créativité ! Perfect Woman (Peter Lu et Lea Schönfelder, 2016), quant à lui, invite à mener la vie d’une femme dans toutes les étapes de sa vie, suivant le diktat de la « femme parfaite » véhiculé par nos sociétés modernes. Un jeu qui requiert d’utiliser son corps en entier avec un capteur de mouvements (style Kinect).

Line Wobbler

Line Wobbler

Des jeux ancrés dans le réel, où nos choix importent

Le jeu vidéo indépendant a la capacité d’être proche du réel. Certains jeux, créés par un seul individu, relatent une autobiographie. C’est le cas de Dys4ia (Anna Anthropy, 2011) qui raconte son expérience de thérapie hormonale pour changer de genre, et ses épreuves sociales, médicales et physiques. D’autres sont directement connectés avec l’actualité et très réalistes dans leur approche. Le Fil Rouge (Lorris Giovagnoli, Pauline Devolle, Nicolas Terlon, Maxime Neveu, Thomas Sandmeier, 2016) nous place dans la peau d’un journaliste chargé d’écrire un article sur un événement, à travers une enquête qui nous dévoilera différents angles pour traiter d’un même sujet. Et dans un grand nombre de ces jeux, nos choix importent. On nous met face à des dilemmes, des situations difficiles moralement et socialement qu’il nous faut affronter par nos propres choix, et qui nous font réfléchir à des problématiques actuelles. Papers, Please (Lucas Pope, 2013) nous place en tant que douanier chargé de contrôler l’entrée de migrants. Nous choisissons de les faire entrer, ou pas, en fonction des règles dictées par l’Etat et de nos propres convictions, en subissant les conséquences de nos choix. Le deuxième, Beholder (Warm Lamp Team, 2016) nous fait incarner un gestionnaire d’immeuble employé par l’État, dans un futur ultra-surveillé où la vie privée a disparu. Nous sommes placés en tant qu’espion et nous pouvons choisir ce que nous décidons de révéler.

Over Game

De gauche à droite : Papers, Please ; Wheels of Aurelia ; September 12th et Perfect Woman

Des jeux engagés dissimulés

Certains jeux, sous leurs apparences anodines, cachent en fait un ou plusieurs messages à faire passer, et des thématiques actuelles, polémiques, parfois violentes. Les deux jeux de cette catégorie ? A Normal Lost Phone (Accidental Queens, 2017) et Wheels of Aurelia (Santa Ragione, 2016). Dans le premier, on trouve un téléphone perdu. À nous de fouiller son contenu pour trouver son propriétaire et comprendre ce qu’il s’est passé. Le deuxième, sous ses faux airs de jeu de conduite, nous invite à discuter de sujets variés, parfois durs, avec nos passagers. Plus riche encore que certains médiums, capables de faire passer un message par le scénario, le jeu vidéo permet également de faire passer un message par ses règles et son système de jeu. Les jeux September 12th (Gonzalo Frasca, 2003) et La Parabole des Polygones (Vy Hart et Nicky Case, 2015), illustrent parfaitement cette thématique. Pour comprendre réellement de quoi il s’agit, nous vous invitons grandement à vous rendre à l’exposition et essayer les jeux vous-mêmes.

The Line

Des rencontres, débats, présentations

Over Game, c’est aussi des rencontres avec les créateurs des jeux présentés dans l’expo, mais aussi avec d’autres jeux indépendants testables sur la scène pendant un temps limité. Nous avons pu rencontrer Miryam Houali, l’une des auteures du jeu A Normal Lost Phone, qui a détaillé son parcours, la réalisation du jeux et développé les idées derrière celui-ci. Nous avons pu également tester Reigns, un petit jeu disponible sur mobile (et PC) qui s’inspire de l’application Tinder dans son interface, pour nous faire incarner un roi soumis à des choix « oui / non » pour garder la couronne le plus longtemps possible. Jusqu’au 15 décembre, d’autres créateurs viendront présenter leurs jeux !

Over Game Expo

Bref, cette expo est une belle occasion de découvrir les jeux vidéo d’une autre façon, et nous la recommandons évidemment ! Et c’est GRATUIT 😀

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3 Commentaires

  • Reply Nirvana 20 janvier 2017 at 11:27

    C’est dommage, car je voulais vraiment m’y rendre, mais je suis tombée malade. Pendant que mes potes sont partis, moi, j’ai pu me détendre avec les jeux flash de ce site http://www.prizee.com/ pour faire passer le temps. Au moins, j’ai eu droit à de belles photos ! Ce sera pour une prochaine fois…

  • Reply [Test] Papers, Please : Gloire à l’Arstotzka ! - Le Coffre Bonus 8 février 2017 at 19:37

    […] rêvé d’être douanier ? Moi non plus ! Et pourtant, lorsque j’ai découvert ce jeu lors de l’exposition « Over Game » sur les jeux indépendants, il m’a intriguée et m’a donné envie de le tester […]

  • Reply Sara is Missing VS A Normal Lost Phone : lequel choisir ? - Le Coffre Bonus 5 juillet 2017 at 10:27

    […] l’immersion un peu moins forte. Les créatrices ont expliqué pendant une conférence de l’expo Over Game que ce choix de casser un peu le réalisme avait été fait pour ne pas que certaines personnes se […]

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